Cycle Dietrich par Sternberg : quand la femme prend le pouvoir

Ce cycle rassemble quatre films de la période hollywoodienne de Josef von Sternberg, marquée par sa collaboration avec l’actrice allemande Marlene Dietrich. Fasciné par l’Orient, le cinéaste nous entraîne dans un ailleurs fantasmé, des États-Unis à l’Espagne, de la Chine à la Russie.
Le style de von Sternberg se caractérise par un expressionnisme baroque, dont la lumière et les décors sont les principaux outils. Ses cadres souvent surchargés d’objets et de personnages donnent naissance à d’impressionnantes compositions visuelles, toutes orientées vers une figure centrale et sublimée : Marlene Dietrich.
Une aura énigmatique enveloppe Marlene Dietrich. Elle est créée par l’utilisation méticuleuse du Paramount Light, aussi appelé Butterfly Light. Cet éclairage plongeant affine les traits de son visage, souligne ses pommettes et sculpte son nez. Mais loin de vouloir mettre à nu sa muse, von Sternberg multiplie les recours aux procédés qui lui permettent de représenter le mystère à l’image : le visage de Marlene Dietrich se dérobe ainsi derrière des voiles, des fumées ou des brumes, attisant la curiosité du spectateur.
Incarnant à la fois l’amour et le désir, Dietrich est hissée par von Sternberg au rang de reine de l’émotion. Dans leur caractère insaisissable, ses personnages séduisent pour mieux fasciner, obséder, dominer. La Femme et le Pantin, dernier film qu’ils réalisent ensemble, est le paroxysme de leur collaboration. Marlene Dietrich y est glaciale et émotive en même temps, se transformant au gré des scènes et affirmant plus que jamais ce pouvoir.



